21 ⸱ Penser contre soi-même
N. DEVERS
Nathan Devers – ALBIN MICHEL
Conversion au scepticisme
Nathan est déterminé à devenir rabbin et fait tout pour y parvenir. Très jeune, il fréquente la synagogue, se donne un maître à penser, se nourrit de la Torah et du Talmud. Mais la vie et la littérature vont modifier petit à petit la donne et le pousser vers la philosophie. Dans ce texte drôle et profond à la fois, un jeune auteur de 27 ans nous raconte son parcours et les vertus du doute.






En voilà un qui s’écoute parler !
Assez ennuyeux et prétentieux.
J’ai beaucoup aimé ce livre intelligent. On découvre les interrogations de M.Devers et comment il lui aurait été de facile de suivre les voies que d’autres tracaient pour lui. Une belle reflexion, même si les derniers chapitres sont moins convaincants.
Livre autobiographique que j’ai lu avec beaucoup de plaisir. L’abandon d’une vocation (rabbin) pour se tourner vers la philosophie, une façon de bouleverser ses certitudes. Un livre qui prête à la reflexion à chaque instant, un vocabulaire très riche dans un style clair et agréable à lire.
Un très beau et bon livre
L’auteur raconte son parcours, c’est-à-dire sa vie au sens biographique du terme – en procédant à quelques raccourcis – mais aussi son parcours spirituel au sens large qui l’a amené à être juif pratiquant adolescent avant de se tourner vers la philosophie au seuil de l’âge adulte, non sans être entre temps tombé amoureux de la littérature. Son livre est donc parsemé de réflexions sur ces trois domaines. Il écrit par exemple à propos de la littérature « Sa tâche est d’instaurer un temps nouveau, rythmé par d’autres lois, d’autres liens, des ponts insoupçonnés. » (page 149) Ce livre est aussi le reflet d’une démarche d’introspection qui vise à tenter de comprendre pourquoi il a perdu la foi, comment, ce faisant, il s’est rebellé contre sa naissance (c’est à dire contre tout ce qui l’a déterminé dans son existence) et comment la philosophie, avec la quête de sens et la quête d’elle-même qu’elle suppose, était finalement l’ouverture à laquelle il aspirait, en un questionnement sans fin. La philosophie étant une pensée contre elle-même, le doute est un acte créatif qui permet de devenir un autre, d’émerger en soi, de soi.
La deuxième partie du livre est plus dense que la première partie où on craint de se perdre dans les méandres d’une pratique juive orthodoxe comme l’a décrite Elie Wiesel (Tous les fleuves vont à la mer). Curieusement – et ce n’est pas très marketing – c’est la fin du livre qui retient le plus l’attention. Si le chemin va de la religion à la philosophie, la littérature est omniprésente, ne serait-ce que par la façon qu’a Nathan Devers de s’exprimer, avec de très beaux passages quasiment lyriques.
Sur le fond, c’est quand même asséchant cette vision du monde autocentrée, cette vie axée sur un débat entre le « moi » et le « je », cette fuite en avant non incarnée. On aurait envie d’inviter les autres, ne serait-ce que pour être heureux.