22 ⸱ Le jardin anglais
C. WRIGHT
Charles Wright – ALBIN MICHEL
Retour aux sources
Charles Wright embarque sa tante Harriett et son père dans un road trip à travers la verte Angleterre, à la recherche de ses origines. Une virée gaie et charmante qui est, pour le lecteur français, l’occasion de redécouvrir ce qu’être anglais veut dire. Le fantôme de Hamlet y danse au rythme des Beatles.






Parti à la quête des racines anglaises de son père, l’auteur redécouvre l’Angleterre. L’évocation du pays, de ses paysages, de ses jardins, de ce qui en fait le quotidien est menée avec affection et tend à entrer dans une vision anglaise des choses et du monde. Cela frise le cliché, mais pas toujours, en tous cas cela donne à contempler. Au-delà du père, de ses ancêtres et leur saga, le texte est avant tout centré sur l’auteur : il décrit son père pour mieux se décrire lui-même. Beaucoup de références à Hamlet, ce drame anglais qui parle tant de père, de drame familial et d’identité.
L’ensemble est confus un arbre généalogique aurait été bien venu, ainsi qu’une carte. Il y a de drôles de phrases bancales par moment et même des mots (par exemple page « antécédence » 229). J’y vois des traces anglo-saxonnes. D’ailleurs, il y a un joli passage sur la traduction « On croit parfois que traduire, c’est dire la même chose dans une autre langue, comme s’il existait un contenu objectif qu’on pouvait exprimer indifféremment dans un dialecte ou un autre. En fait, une langue ne se contente jamais d’énoncer un monde déjà donné, elle l’ordonne, le façonne, un peu comme un musicien interprète une partition. Passer de l’anglais au français, ce n’est pas seulement changer d’idiome, c’est vivre le monde d’une autre façon. » (page 125)